Label "Église Verte"


Messe des clochers de la paroisse St Jacques, le 30 août 2020 : Homélie

 

Les textes de la Parole de Dieu de ce dimanche tombent tout-à-fait à point pour cette célébration initialement prévue autour du label Église Verte, même si, après coup, s’est ajouté l’au revoir au Père Jean Salette.

 De cette Parole de Dieu, je vous propose de retenir 3 expressions, une de chaque lecture :

 - le prophète Jérémie, à propos de la Parole de Dieu, affirme : « elle était pour moi comme un feu brûlant dans mon cœur ». (Jér 20/7-9)

 - l’apôtre Paul nous lance cette invitation : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu ». (Ro 12/1-2)

 - et Jésus-Christ, dans l'évangile, nous signale : « Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? » (Mt 16/21-27)

 

Reprenons-les à sens inverse :

 - En se référant à la question de Jésus, nous pouvons-nous demander : Que remarquons-nous du but recherché par l’humanité à sa progression dans la vie ? Quel sens donnons-nous nous-mêmes à notre existence ? Qu’est-ce qui mène notre monde ?

 Bien des valeurs de convivialité, de solidarité, de compassion, de justice, de sobriété, d’idéal chrétien et bien d’autres valeurs humaines procurent un élan bienfaisant aux personnes. Mais, il faut bien le reconnaître, d’autres courants font perdre leur âme à l’homme, comme la course au toujours plus ; l’envie de gains énormes, suscitée par des publicités faramineuses ; la proposition de manipulations génétiques humaines, réduisant l’être humain à un animal… et que sais-je encore ?

 - Face à des situations délirantes, routinières, fatalistes, l’apôtre Paul nous invite à renouveler notre façon de penser, pour discerner la volonté de Dieu, par la recherche progressive de ce qui est bon à ce qui plait à Dieu jusqu’à ce qui est parfait.

 Nous sommes ainsi invités à toujours aller de l’avant dans ce discernement, en étant bienveillants mais aussi réservés par rapport à l’esprit du monde, en faisant la part de ce qui est le plus convenable et qui participe à la construction heureuse de la société. Et toute cette réflexion, ainsi que l’action qui s’ensuit, ne peuvent bien se réaliser qu’en équipe, que dans un cadre communautaire, que dans un mouvement où se forge un esprit commun, car, à plusieurs on est plus fort.

 - Et c’est alors la mise en œuvre des décisions prises en équipe, suite au constat des situations remarquées. Et, pour nous, croyants, nous la réalisons ensemble au nom de notre foi en la Parole de Dieu, qui se présente comme un feu brulant dans nos cœurs, comme l’affirme à son compte le prophète Jérémie, malgré les insultes qu’il subit. Mais on peut aussi agir au service du bien commun selon ses propres convictions ou selon sa recherche de sens ou selon son désir de rendre le monde meilleur. L’important, c’est de croire, chacun à sa manière, à ce monde plus beau.

 Et, ce faisant, ensemble, en Eglise et en lien avec d’autres partenaires, nous participons à l’établissement d’un mieux vivre social, d’un mieux vivre naturel, d’un mieux vivre spirituel et d’un mieux vivre personnel.

 Un moyen existe pour réaliser ce programme, c’est le ‘label Eglise Verte’ : ce mouvement est né récemment, suite à la lettre de notre pape François sur l’écologie, en 2015, intitulée ‘Laudato Si’ qui se traduit par ‘loué sois-tu, Seigneur !’. Et quand on parle d’écologie, ce n’est pas de la rigolade, comme on pourrait le penser parfois et comme d’ailleurs, je l’ai moi-même pensé, mais c’est un élan qu’il nous faut prendre très au sérieux, car, sans tout de même être alarmistes, la vie et l’avenir de notre maison commune, dans son intégralité, sont en jeu. Cet élan nous pousse, à mon sens, à au moins trois comportements :

 - Tout d’abord, il s’agit de prendre en considération l’état de l’univers entier, mais en premier lieu, car il nous faut rester modestes, la vie de notre environnement immédiat, ce qui se vit de merveilleux, ce qui est à améliorer et ce qu’il convient de faire évoluer vers un mieux-vivre naturel, social, personnel, spirituel.

 - Ensuite, il s’agit de modifier, autant que l’on peut, sa mentalité, sa vision des choses, en se soutenant en équipe, en s’interpelant mutuellement et en s’encourageant dans la réalisation d’objectifs qui soit valorisante et bénéfique à l’entourage, tout cela, si l’on veut, avec le compagnonnage de Jésus-Christ.

 - Et en troisième lieu, il s’agit de passer à l’œuvre en réalisant telle ou telle opération, même bien petite, et en s’encourageant pour persévérer dans la réussite de quelque bienfait pour la société et aussi pour soi-même.

 

L’équipe paroissiale ‘Église Verte’, qui a démarré à l’automne dernier, mais qui est restée en sommeil pendant le confinement, a abordé la première étape qui a consisté à faire l’état des lieux de la paroisse. Si, parmi vous, certains sont intéressés par cette initiative, vous pouvez toujours vous faire connaître à la paroisse St Jacques ; vous pouvez aussi signaler cette info autour de vous. Merci !

 

J’ajoute que, pour obtenir le label ‘Église Verte’, les instances nationales demandent une cotisation ; celle-ci sera alimentée par la quête de cette messe. Merci de votre générosité !

 

Proposé à toutes les paroisses et communautés locales, aux mouvements et associations chrétiennes, le label Église verte entend encourager une véritable conversion écologique, que les chrétiens ont souci de diffuser autour d’eux. De plus, si l’on agit individuellement, l’action en équipe a une portée plus grande et plus efficace. Et déjà l’acquisition et le développement de l’esprit d’équipe sont un acte écologique.

 

Que le label Église Verte soit un outil qui permette à la paroisse de s’engager de façon sobre, renouvelée et réaliste pour le soin de la création !

 

Amen !